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J’ai sept ans à Béthléem

8 décembre 2024

Je suis fille unique d’un berger et d’une couturière, moi aussi je suis bergère. Un soir, alors que j’avais tout juste sept ans, papa m’a proposé de venir avec lui rentrer les brebis à l’enclos alors qu’il faisait déjà nuit. En temps ordinaire, je restais plutôt avec maman près du feu pendant qu’elle cousait ou filait la laine, elle me racontait souvent des histoires d’il y a très longtemps et j’aimais beaucoup ces moments-là .

Ce soir tout est nouveau pour moi, la lumière du crépuscule est tellement belle que je suis heureuse de suivre mon père, il a sorti sa flûte et les brebis semblent lui répondre. Puis je le regarde traire et apprends aussi à le faire, mes mains sont un peu maladroites. Demain matin maman préparera le lait caillé et les fromages. Avant de rentrer à la maison, nous nous asseyons pour regarder les étoiles. La nuit est claire, c’est tellement beau  ! Papa me dit que chaque étoile représente une qualité de Dieu et que si je fais grandir mes qualités, je pourrais briller comme une étoile  !

Tout à coup nous entendons des voix, un berger appelle et demande de l’aide, ses brebis restent à la porte de son étable et ne veulent pas rentrer. J’avance derrière mon père et son ami, un peu inquiète. Nous entrons dans la grange et sommes étonnés de découvrir une jeune femme allongée avec un tout petit bébé dans les bras. Un homme se tient tout proche et vient vers nous, il semble désemparé, il s’excuse d’être là. Papa me demande de courir à la maison chercher ma mère, «  dis-lui de rapporter des tissus bien chauds pour couvrir l’enfant et de quoi manger. Cours et revenez vite toutes les deux  »  !

A mon retour, trois autres bergers sont là. Maman s’approche de la jeune mère, met une couverture sur ses jambes et couvre le bébé d’un lange. Papa me pousse pour que j’aille donner mon panier garni de fromages et de miel au père de l’enfant. Il me sourit. Je vais alors m’assoir dans un petit coin. Je regarde la scène, émerveillée. J’entends l’homme appeler sa femme «  Marie  », il y a beaucoup de douceur dans sa voix. Il semble ému que nous lui ayons apporté des cadeaux. Le bébé dort, je n’en ai jamais vu de si petit. Marie me sourit, elle me fait signe d’approcher, ses yeux sont magnifiques. Je lui demande comment s’appelle son bébé. Elle me répond «  Jeshua  ». Joseph, son mari s’approche et dit «  oui, Jeshua ou Jésus est un nom divin plein d’intelligence et de sagesse  » et il se met à rire, des petites larmes coulent sur ses joues. Je suis en train de comprendre qu’il se passe ici quelque chose d’extraordinaire. Je n’oublierai jamais ce moment.

Ce matin, j’apporte des pains sans levain que maman a préparé et un petit fromage tout frais. Il y a davantage de monde devant l’étable, même des personnes qui sont venues de très loin. Ils disent avoir été guidés par une étoile et offrent des beaux cadeaux à l’enfant comme si c’était un roi  ! Je me fais discrète et m’assois non loin de Marie. J’entends Joseph parler de son village de Nazareth, il y travaille le bois, fabrique des meubles et des charpentes. Marie me fait signe d’approcher comme hier, et doucement dépose l’enfant dans mes bras. Mon cœur se met à battre plus fort. Jeshua ouvre les yeux et me sourit. Ces yeux sont grands, ils voudraient embrasser l’univers entier. Je le berce et sourit à mon tour, c’est le plus beau jour de ma vie.

Je rends l’enfant à sa mère et vais vite aller rejoindre Papa et les brebis sur la colline. Je me sens si heureuse. Je crois que je vais rêver d’étoiles.

Aujourd’hui, avant de partir à la cueillette, je viens saluer cette jolie famille qui devient un peu la mienne. Joseph est dehors, au soleil, il taille une jolie branche d’olivier mais son regard n’est plus le même, il a l’air soucieux. Marie à l’intérieur donne le sein à Jeshua. Je pense que donner la vie est ce qu’il y a de plus beau. Aurai-je moi aussi une enfant  ? Mais Joseph me tire de mes pensées et m’appelle à l’extérieur. Il me donne le bâton d’olivier. Sur le manche il a sculpté une étoile, mon prénom, celui de Jeshua et sa signature «  Joseph de Nazareth  ». Je suis toute émue. Joseph pose sa main sur ma tête et me dit : «  N’oublie jamais ce que tu as vu ici  ». Marie me sourit. Papa m’appelle pour aller faire paître le troupeau, je pars toute joyeuse avec mon bâton d’olivier. Je ne sais pas encore que demain je trouverai l’étable vide et pleurerai toutes les larmes de mon cœur.

Le regard tendre de Marie, la gratitude et la générosité de Joseph, la présence extraordinaire de l’enfant sont des souvenirs qui m’accompagnent tous les jours de ma vie. Cela s’est passé il y a un peu plus de trente ans.

Aujourd’hui, je marche avec Jeshua sur les chemins de Galilée. J’ai suivi son étoile et l’ai retrouvé grâce au bâton sur lequel il y avait le nom de son village. Marie m’a indiqué où je pouvais le trouver. Il est mon Maître et mon Seigneur, toutes ses paroles sortent de son cœur, il invite à l’amour. Je m’appelle Marie-Madeleine.

Je suis femme aux cheveux au vent
Mon coeur est tendre et prêt à tout donner
Quand Jésus a posé son regard sur moi,
J’ai reconnu l’enfant de Bethléem.
 
Quand ma vie était vide de sens,
Je marchais appuyée sur mon bâton
Dans les collines au-dessus de mon village
Fouillant le désert de mon âme.
 
Je t’ai retrouvé, mon Seigneur et mon Maître.
Je laisse derrière moi les personnages
Que je me suis inventés,
Tu m’appelles maintenant à te suivre.
 
Tes paroles me transforment,
Ton regard embrasse l’univers
Et se pose sur chaque personne rencontrée,
Tu es en même temps présent au ciel et à la terre.
 
Tu m’apprends à aimer comme je suis aimée,
Libères mon cœur de tout ce qui l’encombre.
J’apprends à aimer ma vie
Et être vraie avec moi-même.
 
Je peux enfin ouvrir mon cœur
Et comprendre ce qui est juste.
Pour cela aussi je te rends grâce.
Tu es la lumière et la vie.

Une fête pour notre Dieu - d’après le psaume 147b - Psaumes insolites

Peuple de croyants, ouvre ton cœur,
Célèbre ton Dieu, Alléluia  !
 
Partout tu peux entendre sa parole,
Par sa grâce, tu as changé ton regard,
Il a fait de toi un artisan de paix,
Ton âme est nourrie de son amour.
 
Il envoie sa parole sur la terre,
Verbe originel qui transforme toute chose.
Comme le souffle qui éclaire et réchauffe,
Il couvre l’humanité d’un manteau de lumière.
 
Il envoie son souffle, tout devient possible,
L’homme est capable de merveilles  !
Qui de nous entendra sa parole  ?
Qui de nous se laissera transformer  ?
 
Dieu révèle le sens de sa parole
A celles et ceux dont le cœur est ouvert,
Il dicte sa loi d’amour dans le secret de la prière  ;
Bénie soit la bonté de notre Dieu, Alléluia  !
 
Peuple de croyants, ouvre ton cœur,
Célèbre ton Dieu, Alléluia  !